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Les chenilles urticantes
Processionnaire du Chêne - Cycle biologique

Cycle Biologique

Le cycle biologique de cet insecte est annuel. On peut le présenter schématiquement en 6 étapes :

cycle biologique processionnaire du chêne

1.Métamorphose des chrysalides en papillons. Le mâle et la femelle s’accouplent. Le mâle meurt un ou deux jours après.

2. La femelle s’envole et pond dans les fines branches au sommet des chênes bien dégagés. Puis elle meurt à son tour.

3. La processionnaire du chêne passe l’hivers sous forme d’oeufs.

4. Eclosion des oeufs avant le débourrement des chênes (apparition des jeunes feuilles).

5. Les chenilles construisent un abri en soie, sur les branches. puis elles passent par 5 stades larvaires.

6. Tissage d’un nid plus résistant plaqué sur le tronc ou les grosses branches charpentières pour le dernier stade larvaire. Ce nid va contenir les cocons. Les chenilles effectuent leurs nymphoses, et se transforment en chrysalides.


Processionnaire du Pin - Progression

Le front d’expansion de la chenille processionnaire du pin
progresse toujours.

La processionnaire du pin est le principal défoliateur des pins, voire d’autres résineux, en France. La plupart du temps limitées aux lisières de peuplements, ses attaques peuvent être plus importantes en peuplements ouverts ou sur pins isolés. Elle n’engendre pourtant pas d’atteinte à la vitalité des arbres mais seulement une perte de croissance limitée lors des fortes attaques. Cette absence de risque de mortalité des arbres et son cantonnement à la lisière des peuplements fait de la processionnaire du pin un problème mineur pour la production forestière. La visibilité de ses nids et processions, son caractère urticant la rendent toutefois marquante pour le grand public.

Avec un développement intimement lié aux conditions climatiques, l’expansion de l’aire de répartition de la processionnaire du pin fait partie des indicateurs du changement climatique retenus par l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC).

C’est dans ce cadre que le suivi annuel effectué par les correspondants-observateurs du Département de la santé des forêts depuis 2007 permet d’évaluer la vitesse de colonisation de l’insecte. En étroite collaboration avec l’Institut national de recherche agronomique (INRA), ces observations permettent en outre aux chercheurs d’affiner leur modèle de dispersion du papillon.

Répartition de la processionnaire du pin en France (2018)

Sources : INRA / Département de la santé des forêts / 2018

Processionnaire du Pin - Cycle biologique

Le cycle biologique
de la processionnaire du pin

Jean-Claude Martin  –  Ingénieur d’Etudes INRA
Publié le 21/06/2018 – FUTURAPLANETE

La chenille processionnaire du pin est un des plus grands ravageurs forestiers en France mais aussi sur l’ensemble des pays méditerranéens. Elle provoque un ralentissement de la croissance de l’arbre, une vulnérabilité plus forte aux maladies et aux autres ravageurs des forêts.

1/7 La chenille processionnaire du pin

2/7 Le cycle biologique de la processionnaire du pin

3/7 Dégâts occasionnés par la chenille processionnaire du pin

4/7 Le contrôle des populations de chenilles processionnaires du pin

5/7 Le bacille de Thuringe : ses propriétés entomopathogènes

6/7 Le bacille de Thuringe et la lutte contre les chenilles défoliatrices des forêts

7/7 La chenille processionnaire du pin : bibliographie

 

La processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) fait partie de l’ordre des lépidoptères, de la famille des Notodontidae et de la sous-famille des Thaumetopoeinae. Cet insecte est connu pour le mode de déplacement de ses chenilles en file indienne. Celles-ci se nourrissent des aiguilles de diverses espèces de pins mais aussi de cèdres, provoquant un affaiblissement important des arbres.

Papillon mâle de la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa). © Alvesgaspar, Wikimedia Commons, GFDL 

Le cycle de la processionnaire du pin est généralement annuel mais il peut durer jusqu’à cinq ans selon les conditions environnementales. Celui-ci est, en effet, sensible à la température et à l’insolation. Il existe donc de fortes variations de dates de déclenchement des stades selon l’altitude et la latitude (figure 1).

Figure 1 : cycle biologique moyen de la processionnaire du pin en France. © Jean-Claude Martin, DR 

Phase aérienne

Les imagos sont des papillons nocturnes. L’apparition de ces derniers a lieu au cours des mois de juillet et août, en fin de journée. L’heure d’émergence semble varier en fonction de la pression atmosphériquejournalière. Des crêtes sclérifiées situées sur leur tête permettent de trouer l’enveloppe de la chrysalide, et de faire une sortie. Les mâles apparaissent avant les femelles (environ une demi-heure).

Figure 2 : différence de taille des adultes, avec, en 1, une femelle et, en 2, un mâle. © Photo Démolin, DR 

Généralement, le sexe-ratio est équilibré entre les mâles et les femelles. Morphologiquement, les deux sexes se ressemblent notamment par leurs ailes de couleur gris-blanchâtre. Les mâles se distinguent néanmoins des femelles par leur taille plus petite (figure 2).

À la sortie de terre, les papillons vont vers un lieu surélevé de type branchages ou cailloux pour déployer leurs ailes pendant quelques minutes. À la nuit tombée, l’activité des papillons commence. Les femelles cherchent une zone de repos. Quelques heures après, elles se placent dans une position « d’appel » en émettant une phéromone spécifique, le (Z)-13- hexadecen-11-ynyl (Guerrero et al., 1981), appelé la « pityolure ».

Quant aux mâles, ils s’envolent à la recherche des femelles. Une fois la pityolure émise, les mâles trouvent rapidement les femelles, et l’accouplement peut avoir lieu. Il dure à peu près une heure. Ensuite, les deux papillons se séparent. Les mâles meurent quelques jours plus tard.

Dès la ponte déposée par la femelle, les parasites et les prédateurs des œufs vont intervenir et jouer ainsi le premier rôle dans la régulation naturelle. © DR 

Les femelles vont se poser préférentiellement sur un pin et vont commencer à pondre autour de deux aiguilles, pendant une durée de trois ou quatre heures. La ponte forme un manchon dont la longueur est d’environ cinq centimètres contenant entre 70 et 220 œufs protégés par des écailles de l’abdomen maternel. Les femelles meurent quelque temps après.

Ponte avec jeunes chenilles. © Jean-Claude Martin, DR 

Stades larvaires

Quand la somme des températures moyennes journalières a atteint 780 °C, correspondant au cumul des températures moyennes des 30 à 45 jours après l’émergence des adultes, les chenilles L1 éclosent. La période d’éclosion va de fin juillet à fin septembre.

Figure 3 : les différents stades larvaires. © Photo Démolin, DR 

Durant leur période larvaire, les processionnaires du pin vont passer par cinq stades nommés de L1 à L5. Ils sont différentiables selon trois critères (figure 3) :

  • la quantité de poils ;
  • la taille de la chenille (en longueur et en diamètre) ;
  • le volume de sa capsule céphalique.

Pendant toute cette phase de développement larvaire, les chenilles issues d’une même ponte vont rester groupées.

La construction du « nid » commence dès la sortie des chenilles L1.Celles-ci tissent un entrelacement de soie très fin tout autour de la ponte aussi appelé « pré-nid » (Dajoz, 1998).

Elles commencent à se déplacer la nuit pour s’alimenter pouvant aussi changer de lieu de regroupement. Elles partent se nourrir en procession. Des fils de soie sécrétés depuis leur sortie du nid leur permettent de retrouver facilement celui-ci. Cette alimentation nocturne est réglée sur la période d’obscurité Burjeron, (1972). Mais, dans des cas exceptionnels, comme la surpopulation ou des températures nocturnestrop froides, l’alimentation peut se faire pendant la période diurne (Burjeron, 1972, Démolin, 1969b).

À chaque changement de stade larvaire, les chenilles entrent dans une période de mue où elles cessent de s’alimenter.

Figure 4 : nid d’hiver. © Jean-Claude Martin, DR 

Dès l’arrivée des premiers froids, la colonie commence la construction du nid d’hiver (figure 4) qui va permettre la survie du groupe (Démolin, 1967b). L’élaboration du nid d’hiver est très hiérarchisée (Démolin, 1967b), comprenant deux enveloppes superposées : une interne, d’épaisseur importante, et une externe, plus lâche, qui a un rôle de superstructure. Aucun orifice de sortie n’est prévu ; les chenilles doivent faire leur passage à travers les mailles du tissage. Le nid d’hiver est un radiateur thermique captant les rayons du proche infrarouge émis par le soleil. On peut noter une élévation de température de 1,5 °C par heure d’insolation (Démolin, 1969b).

Phase souterraine

La phase aérienne se termine par la procession de nymphose qui a lieu de février à mai, et peut durer jusqu’à six jours. La chenille de tête est une femelle (Démolin, 1971). Elle se dirige vers un terrain qui est ensoleillé et meuble. Les chenilles de la procession se regroupent et l’enfouissement peut commencer (figure 5). Elles peuvent aller de 5 à 20 cm sous terre. Si les conditions d’espace et de température ne sont pas réunies, les chenilles peuvent ressortir pour chercher une zone plus propice.

Figure 5 : fin de la procession et début d’enfouissement. © Jean-Claude Martin, DR 

La phase souterraine peut alors commencer. Elle peut durer de quelques jours à plusieurs mois, de mars à juillet. Une fois sous terre, les chenilles tissent autour d’elles un cocon de nymphose et arrêtent leur développement. Dans les régions méditerranéennes, celui-ci reprend activement quelques semaines avant l’émergence des adultes.

Quand les conditions sont défavorables, en cas de sols secs par exemple, la diapause peut être prolongée et peut durer jusqu’à cinq ans (Markalas, 1989). Cette variabilité est un problème important pour l’organisation de la lutte contre la processionnaire du pin.

Chrysalides mâle (à gauche) et femelle (à droite) extraites de leur cocon. © Photo F. REI  

Partie écrite par Catherine Bonnet et Jean-Claude Martin.

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